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Sexto 1 – Explorateur

Entrée en matière

Selon les données de Statistique Canada, 96 % des jeunes de 15 à 24 ans utilisent Internet chaque jour et possèdent un téléphone intelligent (Statistique Canada, 2018). Cette nouvelle réalité fait émerger de nouvelles problématiques auxquelles les acteurs du milieu scolaire, ainsi que des milieux policiers et judiciaires, doivent maintenant composer. C’est ainsi que le Service de police de la ville de Saint-Jérôme, en partenariat avec différents acteurs, s’est donné la mission de mieux s’outiller face à un phénomène en croissance, soit le sextage chez les adolescents. Cette formation vise à comprendre ce phénomène ainsi qu’à guider les intervenants dans la gestion de cas qui pourraient être portés à leur attention par l’entremise d’un outil d’intervention : la trousse Sexto.

Le sextage, qui peut avoir des conséquences désastreuses pour les personnes impliquées dans une telle situation, préoccupe de plus en plus les parents, les écoles et les services de police. Ainsi, au cours des années scolaires 2016-2017, 2017-2018 et 2018-2019, les policiers de Saint-Jérôme ont dû intervenir dans 68 dossiers de sextage impliquant 217 jeunes des écoles de leur région. Cette augmentation du nombre de cas répertoriés par le service de police de la Ville de Saint-Jérôme laisse présager de l’importance que prendra le cybercrime à caractère sexuel dans l’avenir.

Exploration

Cette formation vise à outiller les intervenants des milieux scolaires afin qu’ils puissent être en mesure d’agir rapidement et efficacement auprès des élèves de leur établissement scolaire impliqués dans une situation de sextage. Les jeunes méconnaissent la nature criminelle de tels comportements et en sous-estiment les conséquences.  

« L’utilisation de la trousse SEXTO doit préalablement avoir fait l’objet d’une entente entre le service de police qui dessert le territoire où se situe l’établissement scolaire et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). 

Avant de compléter la formation, veuillez vérifier auprès de votre direction ou de votre service de police si cette entente a été conclue.  

Si aucune entente n’est conclue entre votre service de police et le DPCP, vous n’êtes pas autorisé à utiliser la trousse d’intervention Sexto. »

Par ailleurs, veuillez noter que seuls les intervenants scolaires ayant reçu et complété cette formation en ligne, ou la formation régionale en personne, pourront utiliser la trousse d’intervention Sexto. La formation régionale en personne n’exempte pas les intervenants scolaires d’effectuer la formation en ligne pour obtenir leur badge d’attestation.

 

Dans le cadre de cette formation Sexto, le phénomène du sextage sera démystifié et expliqué, ainsi que les conséquences importantes qui y sont reliées. Ensuite, l’historique de l’évolution du projet Sexto et les enjeux qui ont poussé les différents partenaires à réfléchir à une solution adaptée à cette nouvelle réalité vous seront présentés. Le partenariat et la collaboration qui ont rendu possible l’élaboration de ce projet seront également au cœur de cette formation au cours de laquelle la trousse d’intervention ainsi que la méthode d’intervention vous seront exposées. De plus, nous aborderons les aspects légaux du sextage et de la méthode d’intervention Sexto ainsi que les enjeux médiatiques entourant cette problématique.

Introduction

En guise d’introduction au sujet, nous vous proposons de visionner une vidéo mettant en scène un cas fictif de sextage entre adolescents. Cette vidéo a été produite en collaboration avec les élèves d’art dramatique de l’école secondaire Saint-Stanislas de Saint-Jérôme. En s’investissant dans cette production, les jeunes souhaitent susciter la réflexion chez leurs pairs quant aux conséquences que peuvent avoir les sextos dans leur vie du point de vue de la victime, des témoins, de l’instigateur et des intervenants.

Tout au long du visionnement, voici quelques questions à garder en tête :

  • Qui commet un acte criminel?
  • Qui est la victime?
  • Y a-t-il consentement?
  • Quels sont les enjeux?
  • Comment interviendrez-vous?

La formation SEXTO permettra de répondre à l’ensemble des questions posées précédemment, mais permettra aussi de répondre à celles-ci :

Définition des termes

  • DPCP : Le Directeur des poursuites criminelles et pénales fournit, au nom de l’État, un service de poursuites criminelles et pénales indépendant contribuant à assurer la protection de la société dans le respect de l’intérêt public et des intérêts légitimes des victimes.
    La vision du DPCP est d’être un service de poursuites reconnu pour son souci des victimes et des témoins et sa capacité à s’adapter aux réalités nouvelles.
    Les valeurs organisationnelles sont basées sur la compétence, le respect et l’intégrité.
  • Service de police : Lorsqu’il n’est pas indiqué précisément, ce terme réfère au service de police qui dessert le territoire sur lequel se situe votre école.
  • Protocole d’entente : Entente signée entre le DPCP et le service de police affirmant leur volonté de renforcer leur partenariat en participant à un projet de collaboration dans le but de répondre à la problématique grandissante du sextage chez les adolescents
    .

Phénomène du sextage chez les adolescents

Le sextage chez les adolescents peut être défini comme la production, la distribution et la redistribution de contenus à caractère sexuel (photos, vidéos, etc.), entre eux, via les technologies de l’information et de la communication.

Une récente méta-analyse indique qu’à travers le monde, 14,8 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans ont déjà envoyé un sexto et que 27,4 % en ont déjà reçu.

 

Le plus grand risque au sextage est que les messages soient diffusés et transférés. Or, cette même analyse révèle que dans le monde, 12 % des jeunes ont transféré une photo à connotation sexuelle sans l’autorisation de la personne visible dessus, et que 8,4 % des jeunes ont déjà vu leurs photos transférées sans leur autorisation. (Medigan et coll. 2018)

 

Dans quel contexte les adolescents se livrent-ils au sextage? 

Le phénomène de sextage est relativement récent et peu d’études portent sur le sujet. Les données actuellement disponibles permettent d’affirmer que la majorité des échanges de contenu sexuel (texte, image ou vidéo) par messagerie par des jeunes d’âge mineur sont faits entre partenaires de façon volontaire dans le cadre d’une relation amoureuse (Medigan et coll. 2018). Les jeunes peuvent aussi produire et partager ce type de contenu pour relever des défis.

Des études ont montré que le cerveau n’atteignait pas son plein développement avant la vingtaine.  Le cortex préfrontal contrôle nos pulsions et notre capacité à se projeter dans l’avenir, ce qui pourrait expliquer que les jeunes banalisent souvent la portée d’une publication électronique, même à caractère explicite (Centre canadien de la Protection de l’Enfance, 2017).

Dans d’autres contextes, certains jeunes peuvent se retrouver victimes en ayant été filmés ou photographiés à leur insu, dans le cadre d’une fête ou dans des vestiaires, par exemple.  Il peut aussi arriver que des amis, des partenaires amoureux ou des connaissances virtuelles exigent des photos ou des vidéos, en utilisant la menace ou le chantage. Le phénomène de « revenge porn » ou pornodivulgation fait suite à une rupture amoureuse ou à un bris d’amitié où l’un des partenaires partage du contenu sexuellement explicite sans le consentement de la ou des personnes apparaissant sur le contenu.

 

Conséquences et impacts du sextage

Comme illustré dans le vidéo d’introduction, les répercussions se font sentir très rapidement sur la vie scolaire, sociale et familiale du jeune. La perte de contrôle du contenu partagé peut ainsi entraîner des conséquences physiques, psychologiques, sociales, judiciaires et financières. L’illustration suivante présente quelques impacts possibles chez la victime ou les jeunes impliqués dans une situation de sextage. Il est important de noter que dans certains cas exceptionnels, les victimes pourraient être traitées par la voie judiciaire (par exemple : tirer profit de la vente d’images intimes, événements répétés malgré les interventions non judiciaires, etc.).

 

Des conséquences pour l’entourage  

Peu importe l’implication du jeune, que ce soit de la production, distribution ou possession de matériel de pornographie juvénile, nous ne devons pas sous-estimer les impacts qui y sont reliés que le jeune soit victime, témoin ou instigateur. En voici quelques exemples :

Impacts sur les familles :

  • Bris du lien de confiance et de la communication dans la famille
  • Stress pour toute la famille engendré par la situation de sexto
  • Incidences financières, pour faire face à la justice (poursuite criminelle et/ou civile)

Impacts sur les jeunes impliqués (leur entourage, leurs pairs) :

  • Conflits entre les jeunes pouvant mener à des voies de fait ou des menaces
  • Intimidation, cyberintimidation ou moquerie 
  • Rejet par les pairs

Impacts dans la classe et auprès des enseignants, dont la mission est d’instruire, de socialiser et de qualifier :

  • Climat peu propice à l’apprentissage
  • Présence possible en classe de la victime, des témoins ou des instigateurs
  • Sentiment d’impuissance dans la capacité d’aborder l’événement ou d’intervenir efficacement

Historique du projet

L’expérience démontre que la gestion d’un cas de sextage en milieu scolaire nécessite des actions concertées par les intervenants. Il est essentiel d’intervenir rapidement et efficacement afin d’arrêter la propagation des images. Le but ultime étant de préserver l’intégrité physique et psychologique de la victime ainsi que des autres jeunes impliqués. 

Historique de l’évolution du projet Sexto à Saint-Jérôme :

En 2015, le service de police de Saint-Jérôme a noté une augmentation des cas de sextage dénoncés dans les écoles de son territoire. Les directions des écoles interpellaient le service de police afin que ce dernier prenne charge des situations de sextage, ou encore afin d’obtenir des conseils pour intervenir adéquatement auprès de leurs élèves. À ce moment, les policiers ont dû se rendre à l’évidence que les méthodes d’intervention conventionnelles, tant au niveau scolaire, policier et judiciaire, n’étaient pas adaptées à l’essor de cette nouvelle réalité chez les jeunes.

Plusieurs questions se posaient à chaque intervention, autant pour le milieu scolaire, que pour les policiers et les procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales qui pouvaient être appelés à conseiller ces derniers dans ce type de dossiers : 

 

 

Nous avons pu remarquer que l’ensemble de ces questionnements engendraient des problématiques importantes quant à la résolution des cas de sextage chez les jeunes. En voici les principales illustrations (liste non exhaustive) :

  • Manque de coordination entre les différents intervenants des milieux : scolaire, policier et judiciaire;
  • Manque d’uniformité lors des interventions : selon les acteurs impliqués pour chacun des milieux;
  • Prise de plainte parfois inadéquate de la part des policiers;
  • Inconfort des intervenants scolaires d’intervenir dans ces situations auprès des jeunes de leur milieu;
  • Des adultes en situation d’autorité (intervenants scolaires, policiers, parents, etc.) consultaient les images intimes des jeunes de leur milieu, dans le cadre de leur intervention;
  • La victime n’était parfois pas au coeur de l’intervention et sa prise en charge était inadéquate;
  • Les parents étaient souvent mal informés et ne pouvaient pas toujours bien supporter leurs enfants;
  • Délais importants dans le traitement des dossiers de cette nature pouvant avoir un impact chez les jeunes impliqués ainsi qu’au niveau judiciaire;
  • Risque accru de perdre le contrôle des images intimes et que celles-ci soient diffusées sur le Web à plus grande échelle;
  • Preuve parfois incomplète et/ou destruction d’éléments de preuve occasionnant des difficultés au niveau judiciaire;
  • etc.

 

En janvier 2016, les policiers de la Ville de Saint-Jérôme ont donc décidé d’amorcer un partenariat, entre autres, avec le  DPCP, le Centre canadien de la Protection de l’Enfance, ainsi que différents intervenants du milieu scolaire de leur région. Ce partenariat avait comme objectif de développer des outils et une méthode d’intervention leur permettant de faire face efficacement à la problématique de sextage chez les jeunes, en diminuant les conséquences pour ceux-ci tout en favorisant une approche éducative.

Afin de bien illustrer les différentes étapes de l’élaboration et de la mise en place du projet Sexto, nous vous invitons à visionner cette courte capsule vidéo tirée d’un reportage effectué par le service des communications du DPCP et publié le 17 décembre 2018 :

 

C’est donc dans ce contexte que le service de police de la Ville de Saint-Jérôme et les procureurs du DPCP, avec le support du milieu scolaire de leur région, ont élaboré une méthode d’intervention sans précédent afin d’accélérer et uniformiser l’intervention auprès des jeunes impliqués dans un cas de sextage dénoncé en milieu scolaire. La création d’une trousse d’intervention clé en main permet maintenant de guider les intervenants scolaires tout au long de leur démarche, lorsqu’ils sont confrontés à une situation de sextage.

La force du partenariat

Partenaires d’origine

Le projet Sexto est principalement un partenariat entre les écoles, les services de police et le Directeur des poursuites criminelles et pénales. La clé du succès est la communication et le travail concerté entre les partenaires. Il était donc essentiel, lors de la mise sur pied du projet, de tenir compte du rôle et des enjeux de chacun de ces acteurs. De cette manière, il fut possible de développer une méthode d’intervention qui respectait les mandats respectifs de chacun des partenaires, tout en leur permettant de partager leur expertise propre dans l’atteinte d’un objectif commun, soit la sécurité et le bien-être des jeunes.

 

 

 

Voici quels étaient les enjeux principaux :

Les écoles 

  • Instruire, socialiser, qualifier (trois grands axes de la mission de l’école québécoise, selon le Programme de formation de l’école québécoise );
  • Offrir un milieu d’apprentissage sain et sécuritaire de manière à ce que tout élève puisse développer son plein potentiel à l’abri de toute forme d’intimidation ou de violence (Loi sur l’instruction publique et Loi sur l’enseignement privé);
  • Agir rapidement afin d’éviter que la situation ne prenne plus d’ampleur;
  • Diminuer et/ou éviter le risque de propagation des images intimes des élèves;
  • Diminuer et/ou éviter les conséquences pour les jeunes impliqués;
  • Uniformiser les interventions (définir un cadre);
  • Être en mesure de renseigner les élèves et leurs parents du bien fondé de leur intervention;
  • Intervenir tout en faisant respecter le Code de vie de l’école;
  • Éviter de devoir gérer une crise au niveau médiatique ou sur les réseaux sociaux.

 

Le service de police 

  • Agir en conformité de leur mission d’assurer un service de qualité, un environnement sécuritaire, en maintenant la paix, l’ordre et la sécurité publique, en prévenant le crime ainsi que les infractions aux règlements et d’en rechercher les auteurs afin de protéger ce qui est le plus précieux, leur vie et leurs biens (Loi sur la police);
  • Intervenir tout en respectant les dispositions du Code criminel et la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents;
  • Diminuer et/ou éviter le risque de propagation des images intimes des élèves;
  • Diminuer et/ou éviter les conséquences pour la victime et pour les jeunes impliqués;
  • Déployer les effectifs et les ressources nécessaires pour enquêter ce type d’infraction;
  • Diminuer les délais de traitement d’un dossier de sextage pouvant prendre plusieurs mois tout en tenant compte des différents défis organisationnels.

 

Directeur des poursuites criminelles et pénales

  • Assurer un service de poursuites criminelles et pénales indépendant, contribuant à assurer la protection de la société, dans le respect de l’intérêt public et des intérêts légitimes des victimes;
  • Être un service de poursuites reconnu pour son souci des victimes et des témoins et sa capacité à s’adapter aux réalités nouvelles;
  • Diminuer et/ou éviter le risque de propagation des images intimes des élèves;
  • Diminuer et/ou éviter les conséquences pour la victime et pour les jeunes impliqués;
  • Éviter et/ou diminuer les délais importants dans le traitement des dossiers de sextage chez les adolescents;
  • Éviter la destruction d’éléments de preuve entre le moment où un cas de sextage est dénoncé et celui où un dossier est soumis au DPCP par le service de police.

 

Afin de réaliser la trousse d’intervention et mettre en place une nouvelle façon d’intervenir, nous avons également dû nous associer à plusieurs partenaires qualifiés dans leur champ d’expertise respectif. Au début du projet, et au fil des dernières années, plusieurs partenaires importants ont été mis à contribution tels que :

 

  • Le Centre canadien de la protection de l’enfance (CCPE);
  • Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC);
  • La Commission scolaire Rivière-du-Nord;
  • L’Académie Lafontaine;
  • La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec (FEEP);
  • Le ministère de la Sécurité publique du Québec;
  • Le ministère de la Justice du Canada.

 

La coordination des actions concertées des écoles, du service de police et du Directeur des poursuites criminelles et pénales nous a permis de changer notre approche face au phénomène du sextage chez les jeunes.

Afin de bien illustrer l’importance du partenariat, nous vous invitons à visionner cette courte capsule vidéo tirée d’un reportage effectué par le service des communications du DPCP et publié le 17 décembre 2018 :

 

Rôle des différents partenaires :

Comme mentionné précédemment, chacun doit intervenir dans son champ de compétence respectif, sans nuire ou empiéter sur le domaine d’expertise des autres partenaires. Le partenariat a permis de définir le rôle de chacun des acteurs principaux dans le cadre de l’application du projet Sexto. En voici une brève description :

 

Les écoles secondaires

Il est important de noter que les intervenants scolaires ne sont pas mandataires du service de police. Ils agissent en regard de leurs devoirs et obligations prévus à la Loi sur l’instruction publique et à la Loi sur l’enseignement privé. Les intervenants scolaires et la direction des écoles sont les acteurs de première ligne lorsqu’un cas de sextage est dénoncé en milieu scolaire. Ils sont les premiers à intervenir auprès des élèves impliqués. Leur rôle est de dresser rapidement un portrait de la situation en suivant les étapes suggérées dans la trousse d’intervention Sexto. De cette manière, ils sont en mesure de déterminer le nombre d’élèves impliqués, leur identité et le niveau d’intervention à privilégier. Ils sont également appelés à collaborer avec le service de police.

Le service de police

Le service de police avisé d’un cas de sextage dans une école de son territoire voit à intervenir rapidement afin de prendre en charge la suite de l’intervention. Il veille à recueillir l’ensemble des renseignements pertinents au traitement du dossier (copie des grilles d’évaluation de l’incident, déclaration écrite d’un adulte témoin des événements, etc.) et à saisir les appareils électroniques confisqués par l’école, le cas échéant. Il communique l’ensemble des renseignements à un procureur du DPCP afin d’évaluer l’orientation à privilégier pour la suite du dossier.

Le DPCP

Un procureur du DPCP, suite à la réception de l’ensemble des renseignements fournis par le service de police, s’assure que le dossier soit complet. Il suggère alors une orientation du dossier en regard de l’ensemble des circonstances. Dans près de 80% des cas, la rencontre de sensibilisation Sexto est privilégiée à la judiciarisation. Pour ce qui est des cas où le procureur estime qu’il y a apparence de malveillance, une enquête policière traditionnelle est alors suggérée. La rencontre de sensibilisation Sexto et la notion de malveillance seront définies en détail ultérieurement dans la formation.

 

Résultats de ce partenariat :

La concertation des différents partenaires a donc permis de développer un outil d’intervention, soit la trousse d’intervention Sexto. Elle a également permis de développer une méthode d’intervention unique, tout en définissant clairement le rôle et les responsabilités de chacun d’eux. Cette nouvelle approche a donc révolutionné l’intervention dans les cas de sextage chez les jeunes, en conciliant les enjeux de chacun des partenaires et en leur permettant d’agir plus rapidement et efficacement.

Voici les principaux avantages de l’utilisation de la trousse Sexto et de la mise en place de la méthode d’intervention Sexto :

 

Nous vous invitons maintenant à écouter les partenaires à l’origine du projet : Brigitte Labelle (Directrice adjointe, Commission scolaire de la Rivière-du-Nord), Michaël Charette (Directeur général adjoint, Commission scolaire de la Rivière-du-Nord) et Martin Gagnon (Directeur adjoint au 2e cycle, Académie Lafontaine), vous exposer les impacts positifs du partenariat et de la mise en place de la trousse et de la méthode d’intervention Sexto :

Aspects légaux

Le projet Sexto a été élaboré en conformité avec les principes de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA). Il répond aux besoins des adolescents et les aide dans leur développement. Il tient compte des intérêts des victimes, favorise la responsabilité par la prise de mesures offrant des perspectives positives, ainsi que la réadaptation et la réinsertion sociale.

L’utilisation de la trousse d’intervention Sexto, auprès des adolescents impliqués dans une situation de sextage, ne pourrait être en aucun temps assimilée à une technique d’enquête policière. Il s’agit d’un outil qui s’adresse aux intervenants scolaires et permettant une prise en charge immédiate des cas de sextage, afin de déterminer rapidement les circonstances de l’événement, la nature des gestes posés, l’étendue de la situation et les intentions des personnes impliquées. Ces informations permettront aux intervenants d’intervenir efficacement auprès de leurs élèves.

L’utilisation de la trousse d’intervention Sexto permet également à l’ensemble des acteurs du milieu scolaire et du milieu judiciaire d’éviter de consulter les images intimes des jeunes impliqués dans les situations de sextage. Cela préserve l’intégrité des jeunes et représente une avancée significative par rapport aux méthodes conventionnellement utilisées.

Les devoirs et responsabilités des acteurs scolaires

 

Loi sur l’instruction publique et de la Loi sur l’enseignement privé

Le projet Sexto cadre parfaitement avec les devoirs et les responsabilités des écoles émanant de la Loi sur l’instruction publique et de la Loi sur l’enseignement privé, quant à la prévention et la lutte à l’intimidation et à la violence. Il offre des outils et un cadre d’intervention aux écoles les aidant à remplir leurs obligations légales.

 

Les intervenants scolaires agissent en fonction de leurs devoirs et responsabilités dans le cadre de l’application du protocole Sexto, et non à titre de mandataire de la police.

Ces deux lois définissent la violence comme étant :

« toute manifestation de force, de forme verbale, écrite, physique, psychologique ou sexuelle, exercée intentionnellement contre une personne, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse, de la léser, de la blesser ou de l’opprimer en s’attaquant à son intégrité ou à son bien-être psychologique ou physique, à ses droits ou à ses biens ».

 

Elles prévoient également certaines dispositions spécifiques précisant les devoirs et responsabilités des acteurs scolaires. Entre autres, les écoles doivent se prémunir d’un plan à l’intimidation et à la violence, afin de prévenir et de contrer toute forme d’intimidation et de violence à l’endroit d’un élève, d’un enseignant et de tout autre membre du personnel de l’école. Elles doivent s’assurer de prévoir des mesures visant à :

  • Assurer la collaboration des parents;
  • Déterminer les actions qui doivent être prises lorsqu’un acte d’intimidation ou de violence est constaté par un élève, un enseignant, un autre membre du personnel de l’école ou par toute autre personne;
  • Assurer la confidentialité de tout signalement ou de toute plainte concernant un acte d’intimidation ou de violence;
  • Soutenir et encadrer un élève victime d’un acte d’intimidation ou de violence, un élève témoin d’un tel acte ou encore l’auteur de celui-ci.

 

De plus, les établissements scolaires doivent voir à ce que tous les membres de leur personnel soient informés des règles de conduite et des mesures de sécurité de l’établissement, des mesures de prévention établies pour contrer l’intimidation et la violence et de la procédure applicable lorsqu’un acte d’intimidation ou de violence est constaté.

Les deux lois prévoient également que tout membre du personnel d’un établissement doit collaborer à la mise en oeuvre du plan de lutte contre l’intimidation et la violence et veiller à ce qu’aucun élève de cet établissement ne soit victime d’intimidation ou de violence.

Il apparaît alors évident que les acteurs du milieu scolaire doivent intervenir promptement lorsqu’une situation de sextage est portée à leur attention. La trousse d’intervention Sexto les aide à respecter leurs devoirs et responsabilités en les guidant dans leur démarche d’intervention.

En intervenant avec l’aide de la trousse, il est important de préciser que les intervenants n’agissent pas à titre de mandataire du service de police, mais bien en respect de leurs devoirs et responsabilités au sens de la loi.

Saviez-vous que… Pour protéger l’intégrité physique et psychologique de leurs élèves, les différents intervenants scolaires peuvent confisquer l’appareil électronique (téléphone intelligent, tablette, etc.) d’un jeune de leur école. Ils se doivent de le faire, entre autres, lorsqu’ils ont des motifs raisonnables de croire que des images et/ou vidéos s’apparentant à de la pornographie juvénile se trouvent sur un appareil. Il est toutefois très important pour les intervenants de ne jamais chercher à consulter les images, vidéos ou tout autre type de fichiers pouvant s’apparenter à de la pornographie juvénile.  

 

Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA)

Comme mentionné en introduction, les principes qui sous-tendent la méthode d’intervention Sexto sont grandement inspirés de la LSJPA. Elle est une méthode novatrice qui a été élaborée en respect des principes et objectifs de cette loi. La méthode d’intervention Sexto vise à responsabiliser les adolescents. Les mesures éducatives ou judiciaires sont proportionnelles à la gravité des gestes posés et au degré de responsabilité des adolescents. Elle permet d’intervenir rapidement et efficacement auprès des jeunes impliqués, tout en plaçant au coeur de ses priorités les intérêts des victimes.

La méthode d’intervention Sexto tient compte des besoins des adolescents et de leur niveau de maturité et de développement. De plus, elle favorise la participation des parents. Finalement, il s’agit d’une méthode adaptée à la réalité du sextage chez les jeunes qui est appliquée en respect des droits et libertés des adolescents.

 

Le Code criminel

En droit criminel canadien, le sextage entre adolescents peut constituer une forme de pornographie juvénile. En adoptant ce comportement, les adolescents s’exposent à commettre plusieurs infractions criminelles.

En effet, puisqu’ils sont âgés de moins de 18 ans, les images et vidéos que les jeunes prennent d’eux-mêmes ou encore entre eux peuvent correspondre à la définition de pornographie juvénile. Ce sera le cas, entre autres, si les jeunes que l’on voit sur les images y apparaissent nus ou se livrant à des activités sexuelles.

Les principales infractions sanctionnées par le Code criminel sont : la production, la distribution, la possession et l’accès à la pornographie juvénile.

 

Contenu 

Le Code criminel définit la notion de pornographie juvénile et interdit plusieurs comportements en lien avec celle-ci :

Launch Presentation

Trousse d’intervention Sexto

La trousse d’intervention Sexto est un outil pour les intervenants scolaires. Elle sert à guider ceux-ci lors de leurs interventions en matière de sextage. Voici ce qu’elle contient :

 

Qui peut utiliser la trousse d’intervention Sexto? 

Afin de pouvoir utiliser la trousse d’intervention Sexto, ces trois critères doivent être réunis : 

  • Vous devez être un intervenant scolaire d’une école secondaire dont la clientèle est presque qu’exclusivement adolescente (établissements d’enseignement secondaire de  premier cycle et/ou deuxième cycle);
  • Vous devez être un intervenant scolaire ayant assisté à la formation Sexto en personne ou ayant suivi cette formation en ligne, via la plateforme de formation de CADRE21, et avoir obtenu minimalement votre badge « Explorateur »;
  • Le Service de police qui dessert le territoire sur lequel se situe votre école secondaire doit avoir signé un protocole d’entente (Sexto) avec le DPCP et les policiers doivent également avoir reçu la formation Sexto.

Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas rencontrée, vous ne pouvez pas utiliser la trousse d’intervention Sexto.

Il n’est donc pas possible pour les établissements d’enseignement offrant des cours à une clientèle adulte (Centres de formation professionnelle, centres d’éducation des adultes, établissements d’enseignement collégial, etc.) d’utiliser la trousse d’intervention Sexto, et ce, même si certains élèves de ces établissements sont d’âge mineur. Les modalités d’application du projet Sexto visent exclusivement les écoles secondaires. Nous invitons alors le personnel de ces autres établissements à se référer aux directives mises en place par leur commission scolaire et/ou leur direction respective.

 

Pourquoi utiliser la trousse d’intervention Sexto ? 

  • Uniformiser les interventions en offrant des outils permettant un traitement méthodique des dossiers de sextage;
  • Augmenter l’efficacité et la rapidité des interventions afin d’éviter la propagation des images pouvant correspondre à de la pornographie juvénile et diminuer les conséquences pour les jeunes impliqués;
  • Procurer plus d’assurance aux intervenants scolaires et les supporter lors des rencontres avec les adolescents ainsi que leurs parents.

En complétant la démarche suggérée dans la trousse à l’aide de la grille d’évaluation de l’incident, les intervenants peuvent évaluer 4 éléments essentiels leur permettant de guider leur intervention auprès des jeunes.


Ces éléments permettent de déterminer la gravité et l’urgence de la situation ainsi que le niveau et le type d’intervention requis pour chacune des situations.

Comment utiliser la trousse d’intervention Sexto?

Lorsqu’un élève dénonce une situation de sextage à un enseignant, ou tout autre intervenant scolaire, ce dernier doit aviser l’un des responsables du projet Sexto de son établissement scolaire. Si l’intervenant en question est habilité à utiliser la trousse d’intervention Sexto, il peut immédiatement débuter les démarches lui permettant de traiter la situation.

Il est important de rappeler à cette étape que seuls les intervenants scolaires ayant reçu la formation Sexto peuvent utiliser la trousse d’intervention.

 

Les étapes de la démarche d’intervention Sexto :

L’intervenant doit prendre la trousse , l’ouvrir et suivre les étapes de la démarche d’intervention Sexto. L’intervenant peut également utiliser l’aide-mémoire des étapes de la démarche d’intervention afin de s’assurer de compléter chacune des étapes suggérées.

En aucun temps au cours de son intervention l’intervenant ne doit chercher à consulter les images. La description reçue de celles-ci, recueillie à l’aide de la grille d’évaluation de l’incident, suffit pour déterminer si ces images correspondent à de la pornographie juvénile.

 

La grille d’évaluation de l’incident : à quoi sert-elle ?

La grille d’évaluation de l’incident est un outil qui permet à l’intervenant scolaire d’évaluer la gravité et l’étendue de la situation, tout en lui permettant d’identifier les personnes qui sont impliquées dans un cas de sextage. 

Voici les éléments que l’intervenant scolaire doit déterminer à l’aide de la grille :

  • Amorce : Identifier les circonstances entourant la situation de sextage
  • Nature : Évaluer le degré d’explicitation sexuelle sans toutefois devoir consulter les images  
  • Intentions : Comprendre les motivations des personnes impliquées
  • Étendue : Établir l’envergure de la diffusion des images
  • Type d’implication : En déterminant l’amorce, la nature, les intentions et l’étendue de la situation, l’intervenant est ainsi en mesure d’établir l’implication et le rôle de chacune des personnes rencontrées.

Compléter la grille est donc une étape cruciale du protocole Sexto qui permet à l’intervenant scolaire d’orienter la suite de son intervention auprès de ses élèves.

 

Comment compléter la grille d’évaluation de l’incident ?

  • L’intervenant complète une grille par élève impliqué dans la situation de sextage;
  • L’élève doit être rencontré seul afin de ne pas contaminer sa version des faits;
  • Il est important de bien identifier l’élève, inscrire sa date de naissance, ainsi que les heures de début et de fin de la rencontre sur le formulaire « grille d’évaluation de l’incident »;
  • Il est important de compléter chacune des questions du formulaire avec l’élève. Si une question ne s’applique pas dans la situation d’un jeune impliqué, vous inscrivez la mention « N/A » ou vous rayez la question d’un trait;
  • Il est important que l’intervenant et l’élève impliqué signent le formulaire ;

Acte malveillant : pourquoi ne pas compléter la grille avec le jeune instigateur

Que vous soyez un membre de la direction d’une école, un enseignant, un travailleur social ou tout autre membre du personnel d’une école, vous pouvez être considéré comme une personne en autorité au sens de la loi, dans le cadre de vos interventions auprès de vos élèves.

La déclaration d’un jeune faite à une personne en autorité peut être jugée inadmissible dans le cadre d’une poursuite judiciaire. C’est la raison pour laquelle il est important de ne pas compléter la grille d’évaluation de l’incident avec le jeune instigateur si vous estimez être en présence d’un acte malveillant. Vous pouvez donc aviser l’instigateur de votre intervention, confisquer son appareil téléphonique au besoin et le service de police prendra charge de la suite de l’intervention.

 

Confiscation des appareils électroniques :

Lors de son intervention, si l’intervenant a des raisons de croire que des images et/ou vidéos correspondant à de la pornographie juvénile se trouvent dans un ou plusieurs appareils électroniques appartenant aux élèves, il DOIT confisquer ces appareils.

Lorsque l’intervenant scolaire confisque l’appareil électronique d’un élève, il doit s’assurer de ne pas consulter les images pouvant correspondre à de la pornographie juvénile et préserver la confidentialité du matériel. Pour ce faire, vous devez suivre la méthode indiquée dans la trousse d’intervention Sexto.

 

Dans le cas où un élève ne souhaiterait pas vous remettre son appareil, et ce malgré vos explications, vous devez contacter le service de police et traiter la situation de ce jeune comme un acte malveillant.

Comment savoir si nous sommes en présence d’un acte malveillant ?

Dans la grande majorité des cas, une fois la grille d’évaluation de l’incident complétée avec l’auteur du signalement, vous serez en mesure de facilement vous positionner quant à la nature des gestes. Depuis 2016, dans le cas du projet Sexto, la proportion des élèves impliqués dans un cas d’acte malveillant est d’environ seulement 20 %.

 

Voici quelques éléments à considérer afin d’évaluer si nous sommes en présence d’un acte malveillant ou plutôt simplement impulsif :

  • L’âge des personnes impliquées
  • Les circonstances entourant les gestes posés
  • La nature des images/vidéos (personne en sous-vêtements, personne nue, personne participant à un acte sexuel, seule ou avec d’autres personnes, etc.)
  • La nature des gestes posés (production, distribution, possession, leurre informatique, harcèlement, extorsion, menaces, etc.)
  • Les intentions des personnes impliquées (geste irréfléchi, séduction, attirer l’attention, relever un défi, nuire à une personne, vengeance, etc.)
  • Le nombre de personnes impliquées
  • Publication ou non des images/vidéos sur les réseaux sociaux ou toute autre plateforme
  • Les conséquences pour les personnes impliquées
  • Le niveau de collaboration des personnes impliquées

 

Quand l’intervenant doit-il contacter le service de police ? 

L’intervenant scolaire doit contacter la police dans chacun des dossiers impliquant l’utilisation de la trousse d’intervention Sexto. Cependant, ceci doit être fait à différents moments, tout dépendant de la situation.

Dans un cas d’acte impulsif : L’intervenant peut compléter son intervention auprès de l’ensemble des jeunes impliqués et contacter la police à la toute fin de celle-ci. 

Dans un cas d’acte malveillant : L’intervenant scolaire doit contacter le service de police dès qu’il estime qu’il est en présence d’un acte malveillant.

 

Que se passe-t-il une fois que l’intervenant a contacté le service de police ?

Une fois que l’intervention scolaire est terminée et que le service de police a été contacté par l’école, ce dernier prend charge de la suite de l’intervention. Lorsque le policier se présente à l’école, l’intervenant scolaire lui remet une copie des grilles d’évaluation de l’incident complétées par chacun des élèves impliqués et rencontrés dans un cas de sextage. Il explique également au policier les détails de son intervention. Si un appareil a été confisqué par l’intervenant scolaire, le policier en fera la saisie légale.

Le service de police collabore également avec l’école afin de déterminer, le cas échéant, les démarches supplémentaires à effectuer (signalement à la DPJ, contacter les parents, etc.).

Le policier responsable de l’événement remplit ensuite un rapport d’événement qu’il achemine ensuite à un procureur du DPCP, en plus des grilles d’évaluation de l’incident complétées, par le biais d’une boîte courriel prévue à cet effet. Le procureur évalue la documentation ainsi soumise et suggère une orientation du dossier au policier. À cette étape, il est suggéré au policier, soit de faire la rencontre de sensibilisation Sexto, soit d’orienter le dossier vers une enquête traditionnelle. 

Vous devez savoir que dans les cas d’actes malveillants, une enquête policière traditionnelle est privilégiée et les jeunes impliqués peuvent faire face à des accusations criminelles. Cependant, pour l’ensemble des cas d’actes impulsifs, la rencontre de sensibilisation Sexto est privilégiée par le service de police. Depuis le début du projet, 80 % des jeunes impliqués ont pu bénéficier de cette mesure.

Pour vous illustrer les étapes qui suivent l’intervention scolaire, voici un schéma d’intervention complet dans le cadre de l’application du projet Sexto. 

 

Il est important de noter que lorsque les intervenants scolaires ont terminé leur intervention, qu’ils ont contacté le service de police et qu’ils ont remis les grilles d’évaluation de l’incident à un policier, le service de police ne peut pas demander aux intervenants de faire des démarches supplémentaires auprès d’autres élèves potentiellement impliqués dans l’événement. Une école qui répondrait à une telle demande de la part d’un corps policier agirait alors à titre de mandataire du service de police.

Rencontre de sensibilisation Sexto

La rencontre de sensibilisation Sexto est une intervention éducative visant à informer les jeunes de la nature criminelle de leur comportement et de les sensibiliser aux conséquences importantes du sextage. Elle est une mesure non judiciaire appliquée par le service de police pour une première offense dans 80 % des cas (actes impulsifs). En cas de récidive ou de malveillance, une enquête criminelle sera effectuée.

 

Voici les étapes de la rencontre de sensibilisation Sexto :

  1. Une fois que le procureur du DPCP a suggéré d’orienter l’intervention vers la rencontre de sensibilisation pour un élève, celui-ci est rencontré par un policier, au poste de police en présence d’un parent, pour être sensibilisé aux conséquences légales, sociales, physiques et psychologiques que le sextage peut engendrer.
  2. Il est informé, ainsi que son parent, du caractère illégal des gestes posés. Pour ce faire, le policier utilise le document de référence légale qui se trouve dans la trousse d’intervention Sexto. 
  3. L’élève doit signer un formulaire d’engagement de destruction de photographies. En signant ce document, l’élève s’engage à détruire tout type de matériel (photos, vidéos, etc.)  qu’il possède s’apparentant à de la pornographie juvénile, et ce, sur chacun de ses appareils électroniques ou toute plateforme de stockage. Ce document n’a pas de portée légale et ne pourrait pas être utilisé contre le jeune dans le cadre d’une poursuite criminelle.
  4. Si un appareil électronique a été saisi par le policier, il est alors remis à l’adolescent. Le policier lui demande alors de se mettre à l’écart, hors de la présence immédiate de son parent et du policier, afin d’effacer toute image ou vidéo pouvant correspondre à de la pornographie juvénile. Le policier vérifie ensuite, en présence du jeune, qu’aucune image ou vidéo ne se trouve sur son appareil.
  5. Il est ensuite avisé que s’il était trouvé à nouveau en possession de matériel correspondant à de la pornographie juvénile, cela constituerait une récidive et qu’une enquête criminelle serait alors privilégiée.
  6. Le jeune et son parent sont dirigés vers des ressources d’aide et de prévention en matière de sextage telles que AidezMoiSVP.ca , cyberaide.ca , la documentation du Centre canadien de la protection de l’enfance qui se retrouve dans la trousse d’intervention Sexto, le guide pour les parents de l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes, etc.
  7. Finalement, le policier indique dans la banque de données du Centre de renseignements policiers du Québec que le jeune a bénéficié de la rencontre de sensibilisation Sexto. S’il devait récidiver, une enquête policière pourrait alors être privilégiée.

 

Au cours de ces différentes étapes, jamais le parent ou le policier ne consulte les images ou vidéos intimes se trouvant sur les appareils du jeune.

 

Confidentialité et médias

En tant qu’intervenant du milieu scolaire, vous devez limiter la diffusion d’informations au strict minimum et demander aux jeunes impliqués ainsi qu’à leurs parents de ne pas ébruiter l’affaire pour protéger la jeune victime, les autres jeunes impliqués, ainsi que leur vie privée.

Vous devez préserver l’identité et la sécurité de chacun des jeunes impliqués en ne divulguant aux médias, ou à toute autre personne, aucune information concernant un événement qui pourrait permettre de les identifier par leur groupe d’âge, leur genre, leur nationalité, leur école ou de quelconque manière.

Si vous êtes confronté à une situation dans laquelle un média communique avec vous pour obtenir de l’information, nous vous suggérons de vous référer à la direction de votre école ou encore au département des communications de votre commission scolaire. 

Reconnaissances

Le projet Sexto s’est mérité plusieurs distinctions depuis son existence. L’équipe Sexto est très fière du chemin parcouru par le projet depuis 2016 et tient à partager avec vous quelques-unes de ces récompenses.

 

Lauréat du prix de la « Plume d’excellence »
(Mai 2017) – (Association des communicateurs municipaux du Québec – Catégorie événement avec « Thé avec une policière »)

En mai 2017, la Ville de Saint-Jérôme a été la lauréate de la Grande Plume d’or. Le prix est remis par l’Association des communicateurs municipaux du Québec. 

« La Ville de Saint-Jérôme sort grande gagnante de l’édition 2017 des Plumes d’excellence de l’ACMQ en remportant la Grande Plume d’or, remise à l’initiative s’étant le plus démarquée, toutes catégories confondues, pour son projet Prévenir les sextos : un thé avec une policière à la St-Valentin. Rappelons que le membre récipiendaire de la Grande Plume d’or est invité à se joindre à la délégation du conseil d’administration de l’ACMQ lors de sa participation au Forum Cap’Com de la communication publique et territoriale en France[1]. »

 

Lauréat du prix « COUP DE CŒUR DU JURY « Prix Ovation UMQ 2018 »
(mai 2018) Gatineau

Le mérite Ovation municipale de l’UMQ souligne de façon toute particulière le fruit du travail de municipalités qui ont mis de l’avant des solutions originales pour répondre de façon optimale aux besoins de leur communauté. Il s’adresse à toutes les municipalités, aux arrondissements et aux MRC, ainsi qu’aux organismes municipaux à but non lucratif du Québec[2].

Le Projet Sexto a reçu le Prix Coup de cœur du jury. Ce prix est remis au projet cloisonné en raison de sa catégorie, mais qui possède un caractère exceptionnel par rapport à un projet lauréat d’une autre catégorie.

[2] Union des municipalités du Québec (5 mars 2018) consulté le 5 décembre 2018. https://www.newswire.ca/fr/news-releases/merite-ovation-municipale-2018-de-lumq—22-projets-municipaux-innovants-de-partout-au-quebec-en-finale-675801953.html

 

Lauréat du « Prix national du maintien de l’ordre dans le domaine de la justice pour les jeunes »
Première au Québec  (juillet 2017) – (ministère de la Justice Canada)

En juillet 2017, le lieutenant Serge Boivin et l’agent Robin Pouliot, pour le projet pilote Sexto, ont reçu le Prix national du maintien de l’ordre dans le domaine de la justice pour les jeunes, dans le cadre de la conférence annuelle de l’Association canadienne des chefs de police

Le Prix national du maintien de l’ordre dans le domaine de la justice pour les jeunes du ministre de la Justice est présenté en collaboration avec l’Association canadienne des chefs de police (ACCP) et l’Association canadienne des policiers (ACP). Il sert à souligner les méthodes d’intervention novatrices de la police et à informer les policiers et la collectivité en général à propos des moyens créatifs de traiter la participation des jeunes au système de justice pénale.

Références

  • Beaumont, C., Gaudreau, N., Duchaine, M-P., Leclerc, D., Tétreault, C., Blondin, E., Trudel,       M. Enguengh Mintsa, D., Boissonneault, J. et Garcia, N. (2018). Une école où il fait bon vivre : mise en contexte de bonnes pratiques. Actes de colloque produits dans le cadre de la 5e Journée d’étude annuelle de la Chaire de recherche Bienêtre à l’école et prévention de la violence, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval, Québec, Canada. Document téléaccessible à : www.violence-ecole.ulval.ca;
  • Code criminel, LRC 1985, c C-46;
  • Centre canadien de protection de l’enfance, Guide pour les écoles – Faire face à l’autoexploitation juvénile, publication du Centre canadien de protection de l’enfance, 32 p.;
  • Döring, N. (2014). Consensual sexting among adolescents : Risk prevention through abstinence education or safer sexting?. Cyberpsychology : Journal of Psychosocial Research on Cyberspace, 8(1), article 9. doi: 10.5817/CP2014-1-9
  • Englander, Elizabeth. Low Risk Associated With Most Teenage Sexting : A Study of 617 18-Year-Olds. Massachusetts Aggression Reduction Center, 2012.
  • Guide pour les parents de l’Association québécoise Plaidoyer-Victime
  • Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, LC 2002, c 1;
  • Loi sur l’instruction publique, RLRQ c I-13.3;
  • Loi sur l’enseignement privé, RLRQ c E-9.1;
  • Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école, LQ 2012, c 19;
  • Loi sur la police, RLRQ c P-13.1;
  • Madigan, Sheri & Ly, Anh & L. Rash, Christina & Van Ouytsel, Joris & Temple, Jeff. (2018). Prevalence of Multiple Forms of Sexting Behavior Among Youth : A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Pediatrics. 172. 10.1001/jamapediatrics.2017.5314. 
  • Statistique Canada (2018) Un portrait des jeunes Canadiens, 11-631-X 
  • Van Ouytsel, J., Walrave, M. et Ponnet, K. (2018). Le sexting chez les adolescents : opportunités et risques. Neurone. Vol 23 • N° 5 
  • Site Web du Directeur des poursuites criminelles et pénales http://www.dpcp.gouv.qc.ca/dpcp/mission.aspx
  • Site Web de la Ville de Saint-Jérôme, section Service de Police http://www.vsj.ca/fr/accueil.aspx
  • Site Web Association québécoise Plaidoyer-Victimes
  • [1] Association des communicateurs municipaux du Québec (2017). Plume d’excellence 2017, consulté le 14 décembre 2017. http://www.acmq.qc.ca/autres-pages/a-la-une/plume-dexcellence-2017/
  • [2] Union des municipalités du Québec (5 mars 2018) consulté le 5 décembre 2018. https://www.newswire.ca/fr/news-releases/merite-ovation-municipale-2018-de-lumq—22-projets-municipaux-innovants-de-partout-au-quebec-en-finale-675801953.html

Les incontournables du badge !

 

Qui peut utiliser la trousse d’intervention Sexto ? 

 Afin de pouvoir utiliser la trousse d’intervention Sexto, ces trois critères doivent être réunis : 

  • Vous devez être un intervenant scolaire d’une école secondaire dont la clientèle est presque qu’exclusivement adolescente (établissements d’enseignement secondaire de  premier cycle et/ou deuxième cycle);
  • Vous devez être un intervenant scolaire ayant assisté à la formation Sexto en personne ou ayant suivi cette formation en ligne, via la plateforme de formation de CADRE21, et avoir obtenu minimalement votre badge « Explorateur »;
  • Le Service de police qui dessert le territoire sur lequel se situe votre école secondaire doit avoir signé un protocole d’entente (Sexto) avec le DPCP, et les policiers doivent également avoir reçu la formation Sexto.

 

L’importance du rôle des intervenants scolaires

Les intervenants scolaires sont des acteurs de premier plan lorsqu’une situation de sextage est dénoncée par un élève de leur école. Ils agissent en regard de leurs devoirs et obligations prévus à la Loi sur l’instruction publique et à la Loi sur l’enseignement et non pas des mandataires du service de police. 

 

 

Les avantages de l’utilisation de la trousse Sexto et de l’application de la méthode d’intervention Sexto :

  • Encadrement et uniformisation des interventions 
  • Prise en charge rapide de la victime et des autres jeunes impliqués 
  • Limitation de la propagation des images/vidéos intimes 
  • Dans l’ensemble des dossiers traités avec la méthode d’intervention Sexto, depuis 2016, aucun intervenant scolaire, policier ou parent n’a vu les images intimes d’un jeune impliqué dans un cas de sextage.
  • Le délai de traitement moyen de ce type de dossier (intervention scolaire, policière et judiciaire) pouvait prendre plusieurs mois, voire plus d’une année. Avec la méthode d’intervention Sexto, le délai moyen a été réduit à seulement 4 jours.
  • Près de 80% des jeunes impliqués dans les cas de sextage ont pu bénéficier d’une méthode alternative à la judiciarisation.
  • On observe une augmentation du sentiment de sécurité chez les adolescents, les parents et les intervenants scolaires.

 

Ne JAMAIS consulter les images/vidéos pouvant correspondre à de la pornographie juvénile

Il est important de rappeler que l’intervenant scolaire ne doit jamais chercher à voir le contenu de l’appareil électronique d’un élève. Le fait de consulter des images s’apparentant à de la pornographie juvénile constitue une infraction criminelle. En complétant la grille d’évaluation de l’incident avec chacun des élèves impliqués dans un cas de sextage, il est facile de déterminer la nature des images/vidéos partagées, et ce sans devoir les regarder et ainsi risquer de compromettre l’intégrité physique et psychologique des élèves concernés et briser leur lien de confiance envers le personnel scolaire. 

VOUS AVEZ PU EXPLORER À VOTRE CONVENANCE LES DIVERS CONTENUS PROPOSÉS POUR CE SUJET. À CE STADE, VOUS DÉCIDEZ À QUEL MOMENT SOUMETTRE UNE DEMANDE DE BADGE POUR LE NIVEAU EXPLORATEUR. AVANT DE DÉPOSER VOTRE RÉFLEXION ÉCRITE QUI FERA FOI DE VOS APPRENTISSAGES À CE NIVEAU, VOICI 3 QUESTIONS À CHOIX DONT L’UNIQUE BUT EST VOUS AIDER À MIEUX COMPRENDRE LE SUJET TRAITÉ, VIA UNE RÉTROACTION INSTANTANÉE À L’ÉCRAN ; LES RÉPONSES NE SONT NULLEMENT COMPTABILISÉES AU BADGE. APRÈS CE QUIZ, VOUS POURREZ REMPLIR LE FORMULAIRE DE DEMANDE DE BADGE, AFFICHÉ À L’ÉCRAN. L’ATTRIBUTION DE CE BADGE SE FERA AUTOMATIQUEMENT ET CE, POUR LE NIVEAU EXPLORATEUR SEULEMENT.

BONNE CONTINUATION. LE NIVEAU ARCHITECTE VOUS ATTEND !