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#uLead16 – Pour cultiver un écosystème d’apprentissage fructueux

25 AVR

Voici ce qu’ont retenu les trois blogueurs à #uLead16 pour la conférence d’ouverture de William Rankin :

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Marc-André Girard, Collège Beaubois

Le leadership doit se traduire par un réel engagement dans sa communauté scolaire et dans les activités éducatives ou parascolaires que cela implique. Et rappelons-le : ce n’est pas le leadership de n’importe quelle communauté. On parle ici de leadership de communauté d’apprentissage. Une communauté où l’échec doit être perçu comme un défi et saisi comme un passage obligé vers la réussite. Le conférencier d’ouverture, Bill Rankin, a donné définitivement donné le ton aux trois prochains jours. En ce qui me concerne, j’ai retenu sa notion d’écosystèmes en métaphore aux communautés scolaires.

En se référant sur le bestseller Brain rules de John Medina, le cerveau humain serait fait pour résoudre des problèmes. Justement, cessons de remplir des têtes bien pleines (Montaigne) et changeons nos approches pédagogiques ! Exploitons des activités pédagogiques variées, complexes qui dépassent largement le cadre de la transmission de connaissances. Comme Rankin le cite éloquemment,

Brains want ecosystems. If you want to see a brain light up, do not give it information. Give it a problem !  

Il faut permettre à l’apprenant de réfléchir, placer des choses ensemble, développer l’aspect relationnel et l’interaction, et ce, autant entre les idées qu’entre les individus, etc. D’où l’aspect réticulaire et complexe dans lequel réside la complexité et le dynamisme de l’acte d’apprendre. L’élève doit passer du rôle de spectateur à celui d’acteur; de celui de consommateur à celui de producteur ou de créateur.

Donc, il faut placer les apprenants dans un écosystème. Cependant, les leaders distinguent bien l’art de cultiver ce qui pousse dans ces mêmes écosystèmes. Le respect de la culture du milieu et du projet éducatif demeure une priorité. Ces mêmes leaders savent mettre en relief cette réalité pour planter les bonnes graines dans les bons terreaux. Autrement dit, il s’agit d’implanter les bonnes idées dans les bons milieux scolaires, selon leur culture, leurs valeurs et leurs projet éducatif. Également, il s’agit de donner les bons outils aux bonnes personnes pour, éventuellement, les voir prendre leur envol.

Enfin, il s’agit de voir à ce que les conditions idéales à la croissance des apprenants et de leurs idées soient réunies à travers un climat organisationnel qui valorise l’innovation et les gens qui la font naitre. Et cet écosystème produit et crée bien plus que ce qu’il produit. C’est certainement en ce sens que nous pourrons enfin comprendre toute la richesse d’un milieu scolaire et aussi, les perspectives de partage de ses expériences, ses idées et de ses initiatives.

Marie-Andrée Croteau, Collège de Montréal

En introduction à la présentation de M. Rankin, une phrase a capté mon attention et est demeurée bien présente : We’re leading a learning comunity. Les élèves font bien sûr partie de cette communauté au même titre que les enseignants, les professionnels et les gestionnaires qui chapeautent les activités de tout ce beau monde. Les apprentissages, bien que différents pour chacun, tendent tous vers un même objectif: être réels, engageants et permettre de faire des choix. M Rankin nous rappelle qu’un leader prendra des risques si ceux-ci provoquent des effets tangibles, valorisants et créant des ouvertures vers d’autres possibilités. Qu’en est-il des apprentissages «exigés» des élèves ? Les élèves devraient-ils développer une panoplie de compétences à un niveau supérieur ? Toutes ces compétences leur seront-elles utiles ? Comment les investiront-ils dans leur métier ?

Il souligne que le monde actuel tend à mettre en valeur le travail d’équipe, la collaboration, la résolution de problème. Or, une équipe efficace arrivera à déployer des solutions créatives faisant appel aux talents, aux forces de chacun des membres de son groupe. Il est d’ailleurs démontré que miser sur ses forces plutôt que tenter de parer à ses faiblesses rend beaucoup plus efficace. Voilà pourquoi l’école devrait permettre à l’élève de prendre conscience de ses forces et les développer pour en faire bénéficier l’équipe avec laquelle il travaillera. Tout le paradigme de l’évaluation est alors à revoir. Selon Todd Rose, l’école devrait permettre à chaque élève de trouver sa passion. Nous devons former des apprenants multidimensionnels et non répondants à une matrice commune.

ulead 2016
W. Rankin, extrait de Growing a Successful Learning Ecosystem, 2016

Cette conférence multidimensionnelle m’amène sur une réflexion personnelle. Si l’on souhaite former un élève aux talents reconnus et développés pour mieux se réaliser dans sa profession future, on doit s’attendre à ce que l’équipe d’enseignants qui le forme en fasse de même ainsi que l’équipe de gestionnaire en aval. Chacun devra y trouver sa place en mettant de l’avant son savoir-faire pour enrichir l’équipe. On insistera sur l’émergence des idées et l’apport de chacun. Pour ce faire, il m’apparait essentiel de valoriser les talents des enseignants sous son aile pour voir émerger les projets, les propositions nouvelles. Développer la confiance et l’esprit d’équipe laissera place à l’erreur constructive et à la mise en lumière de leaders.

Jacques Cool, CADRE21

D’entrée de jeu, j’ai retenu cette phrase prononcée dans la salle au début du rassemblement : « Find areas to grow! ». Beau message pour nous inviter à apprendre et à être inspirés au #uLead16. Le conférencier William Rankin, directeur de l’apprentissage chez Apple ne manqua pas de nourrir notre réflexion. Son allocution, Multidimensional Learning: Growing a successful Learning Ecosystem, était en un mot inspirante.

Même si on a souvent représenté l’école par l’image des « futuristes du passé », comme Arthur Radebaugh, l’image ci-dessous peut faire sourire mais surtout, elle illustre une école axée sur la consommation et non pas la création et l’expression individuelle des compétences, des passions et des habiletés de chaque élève. C’était ainsi qu’on la faisait à l’époque (image de 1958), mais c’est également ainsi qu’on la fait trop souvent aujourd’hui. C’est le point de départ de l’allocution de Rankin. La visée primordiale : nous DEVONS imaginer une école où aucun jeune ne sera laissé derrière.

Push-Button+Education+paleofuture+sm
(Arthur Radebaugh, Closer than we think 1958, Push-button school of tomorrow)

J’ai particulièrement apprécié le fait qu’au-delà d’une belle description de l’écosystème d’apprentissage, exposé avec élégance et avec un humour bien dosé, Rankin offre des pistes concrètes sur lesquelles les leaders et gens innovants à l’école peuvent s’engager. Quand il parle de communauté, il interpelle l’importance de la présence de mentors, de co-apprenants et d’un « public » (oui, oui, raconter ses histoires pour un public plus grand que « 1 »). Pour le contenu, il importe de l’approcher par des thèmes principaux mais surtout, les relier avec des sujets en périphérie, exposant l’interrelation des phénomènes (trop souvent bien casés dans des silos de matières, dans une journée scolaire typique). Encore une fois, c’est un appel à viser une forte congruence quand vient le temps d’évaluer. Enfin, le contexte d’apprentissage est clé : un espace pour pratiquer, certes, mais aussi un environnement favorable à la construction et à la co-construction (où l’erreur est aussi source d’apprentissage) et en finale, un espace de production, où exposer ses créations; ah ! j’y vois encore le savoir-publier et l’importance de raconter ses histoires.

CCC

Son modèle multidimensionnel qui constituerait un curriculum de référence vraiment de son temps résonne et mérite qu’on s’en inspire afin d’oser un curriculum plus complet, rigoureux et congruent avec les réalités de ce monde : une réelle matrice d’interdépendance entre les diverses facettes de l’écosystème, intégrant judicieusement l’apport du contexte, des contenus et de la communauté.
Rankin me fait rêver d’une école où la « signifiance » est à la base des mises en projet qui suscitent un engagement et de la rigueur des apprenants, où chaque élève pourra créer et démontrer ce qu’il sait faire avec ce qu’il sait… Les preneurs de décisions devraient passer 1 journée avec Rankin; imaginez le terreau fertile d’un jardin d’école fructueux !

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